Comment faire travailler votre CHSCT  pour vous ?

Perçu parfois comme un passage obligé du Chargé de Sécurité au Travail, le Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail (future commission santé, sécurité et conditions de travail (CSSCT) du CSE) est pourtant un levier qui peut se révéler efficace pour intégrer la sécurité à la culture d’entreprise tout en trouvant des relais avec les partenaires sociaux. L’astuce consiste par la suite à trouver comment le faire tourner efficacement et surtout à le faire travailler pour vous. L’obtention de résultats est importante pour renforcer la valeur d’un comité de sécurité auprès des employés de l’entreprise. Il vous faudra donc encourager les autres travailleurs à suivre les travaux et les réussites de son CHSCT en leur permettant de voir les mesures actives que le comité a prises pour améliorer la sécurité.

Le CHSCT représente les salariés et leurs intérêts. Pour ce faire, il va chercher à recenser et à analyser tous les risques possibles, si besoin au moyen d’enquête, de visite ou d’expertise. Un rapide rappel des 4 missions principales des CHSCT :

  • Analyser les conditions de travail et les risques professionnels et étudier les circonstances et causes des accidents du travail ou maladies professionnelles.
  • Informer et sensibiliser les salariés de l’établissement sur les risques professionnels et sur leurs droits en matière de santé et sécurité.
  • Surveiller la bonne application des dispositions légales et règlementaires en matière de santé et sécurité au travail.
  • Donner un avis sur toute décision transformation d’un poste, modifications des conditions de travail, mesures particulières, etc…

Hormis les conflits sociaux les CHSCT qui sont inopérants le sont pour 2 raisons principales, les membres n’ont pas suivis de formation spécifique à la prévention des risques professionnels et ils ne suivent pas un programme d’actions clairs. Un groupe d’employés et de représentants qui se réunit sans but commun fera perdre du temps à tout le monde.

Pour éviter d’en arriver là, prenez la main sur l’organisation du comité. Et pour faire en sorte que le CHSCT travaille pour vous et dans les objectifs sécurité que vous avez fixés Un bon point de départ est de commencer par piloter les visites Sécurité de votre CHSCT.

Tout d’abord vous devez identifier puis éviter 5 types d’erreurs principales dû à la mauvaise gestion de la visite terrain du CHSCT :

  • Le manque de préparation de la visite
  • Tout le monde s’invite !
  • Faire des jugements de valeurs
  • Sauter aux solutions
  • Pas de débriefing

1ère erreur – Le manque de préparation de la visite

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Définissez collégialement des attentes et des objectifs clairs pour votre visite du CHSCT. Les membres doivent également prendre conscience de leurs responsabilités en contribuant à la prévention des accidents. Pour cela, encouragez la communication entre les membres du comité de sécurité, le fait d’avoir un dialogue sur la vision de sécurité de chaque membre créera un sentiment de cohésion entre les membres et améliorera l’efficacité du comité.

La plupart du temps, le CHSCT part en visite sans savoir ce qu’il va observer et comment on l’observe, partant du présupposé que « l’observation va de soi ». C’est une grave erreur, car l’observation n’a de sens que relativement à ce que l’on se prépare à observer. La qualité de l’observation ne tient pas seulement de la vision, mais de la préparation qu’on se donne à observer ce qu’on verra. Le cerveau ne fonctionne pas efficacement sur un tableau vierge, mais sur un fond dont la préparation dessinera le contour.

Pour bien préparer votre visite, préalablement posez-vous des questions indispensables :

  • Objectif global : Dans quel but allons-nous observer cette situation de travail ?
  • Cadrage : Que va-t-on observer ? Il faut se représenter quelque chose à voir avant de l’observer
  • Rôles : Qui va observer quoi ? Chaque acteur de la visite doit se préparer à sa mission d’observation

2ème erreur- Tout le monde s’invite !

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Imaginez l’effet de l’arrivée de toute une troupe d’observateur à votre poste de travail. Vous vous sentirez vite mal à l’aise et ne vous comporterez pas comme habituellement. Evitez donc de réaliser vos visites en nombre important pour observer des activités. Ces visites faussent l’observation du processus de travail en stressant la personne observée et qui par conséquence essaiera de coller à vos attentes. Les membres du comité ne verront alors que du travail prescrit et non pas le travail réel effectué habituellement. Un autre problème majeur est qu’un groupe de dix ou douze personnes qui observent la même chose est une énorme perte temps. Alors qu’en se divisant en sous-groupe les points d’observation seraient multiplié d’autant. En réalité ce type de pratique montre surtout l’impréparation de la visite de sécurité du CHSCT de sa difficulté à s’organiser.

3ème erreur – Faire des jugements de valeurs

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C’est humain de juger des actes d’autrui d’accord mais dans le cadre d’une visite de Sécurité c’est complètement contre-productif. Et porter jugements sur la qualité des processus de travail du ou des salariés durant la visite. Cette erreur est rédhibitoire et casse immédiatement toute la neutralité nécessaire à l’observation et à la confiance des employés observés pendant la visite et compromet son processus, qui se doit d’aboutir à de la prévention et non pas à de la répression ! Aussi la seule et efficace attitude devant un salarié qui ne respecterait pas les consignes de travail ou de sécurité est, dans la visite, celle-ci : de lui demander pourquoi il juge son procédé plus efficace que celui qui est prescrit; c’est cela qui fait observation et qui sera utile à la prévention en non pas de le rappeler à l’ordre ou à la consigne! On pourra peut-être ainsi s’apercevoir ses inconvénients d’une consigne, ou de sa difficulté d’application, afin de l’améliorer ou alors d’en préconiser d’autres, ce qui est le rôle de la prévention et notamment, du CHSCT.

4ème erreur – Sauter aux solutions

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Avant même le débriefing, tous les membres se mettent à énonce les solutions aux problèmes qu’ils ont identifiés lors de la visite. Or pour la résolution de problème il vous faut de la méthode. Enoncer des solutions a deux inconvénients : cela coupe court à l’analyse en procédant directement de l’observation aux préconisations, et cela coupe court aux observations autres qui pourraient être faites par ailleurs en « avançant la solution ». Un ordre et une méthodologie de type : constat, analyse ensuite, et seulement à la fin, préconisation » doit être respectée, exactement comme en matière d’analyse des accidents du travail.

Favoriser de petits sous-groupes de deux ou trois personnes, dont l’une au moins est novice dans le lieu visité et une autre plus expérimentée, connaissant par exemple bien l’activité ou les locaux de travail de l’observation. Ce type de collaboration maximisera l’effet d’observation, et enrichira les échanges sur l’observation. D’autre par le novice pourra observer ce que ceux qui connaissent bien le travail effectué ne voient pas, tandis que les expérimentés verront à partir de leurs connaissances, ce qu’ils peuvent analyser des observations du « novice » l’échange entre eux sera des plus productifs en évitant qu’ils s’entendent trop vite sur des solutions toutes faites.

5ème erreur – Pas de débriefing

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C’est une faute fréquente mais pourtant rarement on se demande à quoi sert de faire une visite d’une demi-journée sur une activité pour ne pas en tirer des éléments exploitables ? Le débriefing est indispensable ! Pour réussir un bon debriefing de visite, quelques petites notions :

  • Relevez et synthétisez les observations
  • Interrogez les observateurs eux-mêmes sur les interconnexions de leurs observations. Tirez en une un vecteur directeur qui orientera votre analyse. Proposez les pistes d’analyse en sollicitant chacun à la compréhension analytique des phénomènes qu’il aura observés.
  • Reconnaître les réalisations et les progrès du comité Lorsque les progrès du CHSCT seront valorisés, son niveau de rendement augmentera parce que l’on accordera l’attention voulue pour s’assurer que les objectifs sont atteints. Ensuite vous devez reconnaître et faire connaître les réalisations du CHSCT dans à travers les outils de communication interne motiveront davantage les membres et informeront tous les employés des efforts de sécurité du comité.

Et vous comment vous y prenez vous avec votre CHSCT ? Indiquez moi vos méthodes dans la section des commentaires ci-dessous.

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