Sécurisez vos activités de maintenance !

Les activités de maintenance sont celles qui produisent le plus d’accidents dans les industries. L’AFNOR a publié une norme la NF X-60-400 pour la maitrise des énergies dans les activités de maintenance. 

Une étude de l’accidentologie pour les activités de maintenance réalisée conjointement par l’Association française des ingénieurs et responsables de maintenance (AFIM), la CARSAT et l’INRS a démontré que l’occurrence des accidents est jusqu’à 3 fois supérieure à la moyenne pour les avec un taux de mortalité jusqu’à 8 fois supérieure.

La norme NF-X-60-400 Maintenance — Mise en sécurité des intervenants lors des opérations de maintenance — Processus de maîtrise des énergies a été publiée en Décembre 2017. En tant que membre de la commission AFNOR, j’ai participé activement au groupe de travail ainsi que des représentants de l’AFIM, l’INRS, l’APAVE, EDF et NAVAL Group. La norme a été rédigée sur la base de retours d’expérience d’experts de la maintenance de la prévention et de la Sécurité au Travail ainsi qu’en s’inspirant aussi de démarches internationales.

L’expérience humaine du travail normatif a représentée un vrai challenge par moments. Ces sessions de groupe de travail m’ont permis de partager sur des dizaines d’expériences terrains tout en croisant avec des experts de la maintenance industrielle et en apportant mon point de vue de professionnel de la prévention. Toujours dans l’objectifs de la mise en sécurité des intervenants, je pense que ce melting pot nous a permis de construire les bases solides et robuste


Comment Sécuriser la Maintenance ?

La prévention des risques professionnels, lors des interventions de maintenance sur une installation ou une machine, repose essentiellement sur la maîtrise des énergies mises en œuvre. Pour l’énergie électrique, les mesures de prévention contenues dans la norme NF C18-510 permettent d’intervenir en sécurité vis-à-vis du risque électrique. La nouvelle norme NF X 60-400, vient cadrer les processus de mise en sécurité pour faire face aux risques liés aux autres énergies. Cette norme suit deux objectifs principaux :

  • Maîtriser toutes les sources d’énergie avant une intervention et à assurer un environnement sécurisé pour les intervenants.
  • Garantir le fait  que les énergies ne puissent pas être remises en œuvre accidentellement par un intervenant durant son travail et qu’il ne puisse pas être exposé à des ambiances de travail dangereuses

Dans le secteur industriel, les évènements sécurité liés à la maitrise des énergies dans les activités de maintenance sont difficiles à résorber. Avant la publication de la norme NF-X-60-400, seule la norme NF C18-510 sur l’électricité et le code du travail étaient à disposition des acteurs de la maintenance. La directive maintenance évoque le sujet à la marge et de manière très globale et n’apporte pas de solutions adaptées à la maitrise des énergies.

La norme X60-400 fixe un nouveau standard pour la mise en sécurité des intervenants lors des opérations de maintenance.

AFNOR

La maitrise des énergies, passage obligé pour réaliser une maintenance en sécurité

Lorsque Il faut trouver une solution rapide pour ne pas bloquer un flux de production trop longtemps. 80% de la sécurité des opérations de maintenance repose sur un bon comportement de l’opérateur. « Dans le cas d’opérations non-récurrentes de type dépannage, on doit parfois traiter un risque en urgence. Les pompiers s’entraînent et ont des protocoles systématiques dans l’approche du risque pour ne pas céder à la pression et commettre une erreur. »

L’AFIM, l’APAVE et l’INRS ont travaillé en prenant en compte les contraintes techniques, organisationnelles et humaines. La norme ne se base pas seulement sur des expériences franco-françaises mais s’inspire de démarches internationales comme le Lock Out Tag Out (LOTO), ou le Lock Out – Tag Out – Try Out (LOTOTO).

50% des accidents rencontrés dans les métiers de la maintenance sont dus à des énergies mal maitrisées pendant des interventions.

AFIM

clé de voute

L’analyse des risques : clé de voûte de la norme NF-X-60-400

L’analyse des risques est un préalable à la sécurisation des actions de maintenance. Plus que le poste, c’est l’activité dans sa globalité qu’il faut analyser, tout en impliquant la direction. La norme NF-X-60-400 et  propose des process opérationnels permettant de concilier actions de maintenance et performance de l’entreprise. Montrer les coûts de mise en œuvre permet de dégager des moyens pour progresser et gagner sur tous les plans, et de traiter le facteur humain par une gestion du changement efficace, en mode projet. Un effet collatéral de cette mise en œuvre : la détection de signaux faibles dans les modes de fonctionnement de l’entreprise. La norme donne différents type de mesures opérationnelles :

  • Recensement des sources d’énergies,
  • Choix de processus de mises en sécurité,
  • Principe d’analyse de risques,
  • Localisation de dispositifs de blocage,
  • Mise en place de « Cadenassage »

Ces mesures sont complétées par une logique de compétences, et de qualification obtenue par la formation et le recours au compagnonnage formations, de qualifications.


4 processus de mise en sécurité des intervenants

Selon la nature des travaux, des biens et de l’analyse des risques associés, la mise en sécurité des intervenants repose, selon les énergies, sur la mise en œuvre individuelle ou la combinaison de plusieurs  processus :

  1. Isolation renforcée par consignation des énergies
  2. Isolation simple par condamnation des énergies
  3. Neutralisation des énergies par les systèmes de commande
  4. Dispositions spécifiques aux opérations en présence des énergies

La norme NF X60-400 permet de clarifier ces terminologies et de proposer des logiques de décision relatives à la sélection des processus.

Ainsi, les opérations récurrentes peuvent être traitées par des actions standards qui respectent les processus cités au-dessus. Pour les opérations non-récurrentes ou exceptionnelles, la norme propose également des types de procédures qui donnent des jalons de mise en sécurité, avec des points de vérifications. Ces modes opératoires sont étayés par des aides opérationnelles (plans à jour, listes des énergies en présence, localisation des énergies, chargés de consignation etc..).

Une démarche globale pour les activités de maintenance

En résumé pour une implication du donneur d’ordre de l’entreprise, des acteurs et des intervenants, l’organisation doit :

  1. Mettre en œuvre une procédure d’organisation du site pour la mise en sécurité des énergies et fluides. Cette procédure définit les acteurs, les missions, les limites et le déroulement d’une mise en sécurité, et intègre tous les fluides et énergies.
  2. Formaliser une analyse de risques avant la mise en sécurité ou pendant les phases d’essai.
  3. Mettre en place de moyens d’identification des organes de mise en sécurité et des fiches de mise en sécurité par machine.
  4. Définir des règles de « Cadenassage » afin que chaque intervenant puisse bloquer le processus de mise en sécurité.
  5. Former le personnel à l’analyse de risques et à l’application des bonnes pratiques.

En fonction de l’analyse de risques de l’opération, les acteurs et intervenants font le choix d’un processus de mise en sécurité. Il leur appartient également de tracer les modes opératoires et d’appliquer le « cadenassage ».


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